Perturbateurs endocriniens et coloration capillaire : ce qu'il faut savoir

Certaines colorations d’oxydation contiennent des substances de synthèse — résorcine, PPD, ammoniaque — qui font l’objet d’une surveillance des autorités sanitaires au titre des perturbateurs endocriniens potentiels. Une coloration 100 % végétale n’en contient aucune : elle repose uniquement sur des poudres de plantes, sans ammoniaque, sans PPD, sans résorcine ni oxydant. Pour toute question de santé, l’avis de votre médecin reste la référence.

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?

Un perturbateur endocrinien (PE) est une substance qui interfère avec le système hormonal. Le système endocrinien regroupe les glandes qui produisent nos hormones — thyroïde, surrénales, ovaires, testicules. En imitant une hormone, en la bloquant ou en modifiant sa production, un PE peut, en théorie, dérégler des fonctions aussi variées que la croissance, le métabolisme ou la reproduction. Selon des autorités sanitaires comme l’ANSES et l’OMS, une exposition chronique à ce type de substances est associée à des préoccupations concernant la fertilité et l’équilibre hormonal. Les cosmétiques appliqués au quotidien comptent parmi les voies d’exposition étudiées.

Les substances préoccupantes des colorations d’oxydation

Si les colorations d’oxydation offrent une couvrance durable et un large choix de teintes, c’est au prix d’une chimie active qui repose sur quelques familles de molécules bien identifiées. Trois d’entre elles reviennent le plus souvent.

Résorcine — utilisée pour stabiliser les pigments dans la plupart des colorations d’oxydation. Elle figure parmi les substances sous surveillance des autorités au titre des perturbateurs endocriniens potentiels, et l’ANSES recommande de réduire l’exposition aux PE dans les cosmétiques.
PPD (paraphénylènediamine) — colorant d’oxydation de synthèse. C’est un allergène référencé, inscrit à la batterie standard européenne de patch-tests. Sa concentration est plafonnée à 2 % dans les colorations d’oxydation par le Règlement cosmétique européen (CE 1223/2009).
Ammoniaque — agent alcalin qui ouvre la fibre pour faire pénétrer la couleur. Irritant pour le cuir chevelu et les voies respiratoires, il facilite aussi la pénétration d’autres molécules.

Des travaux épidémiologiques ont par ailleurs exploré de possibles associations entre l’usage régulier de colorations permanentes et certains risques pour la santé. Ces liens relèvent de l’association statistique, pas d’une causalité démontrée. En cas de doute — grossesse, terrain allergique, traitement médical en cours — l’avis d’un médecin ou d’un dermatologue reste la référence.

Comment repérer ces substances sur une étiquette

Sur un emballage, ces substances apparaissent sous leur nom INCI, la nomenclature commune à tous les cosmétiques vendus en Europe. La résorcine se lit Resorcinol, la paraphénylènediamine p-Phenylenediamine, et l’ammoniaque Ammonia ou Ammonium Hydroxide. Les colorants d’oxydation apparentés se repèrent aux mentions Toluene-2,5-Diamine ou Aminophenol. À l’inverse, une coloration de plantes affiche des noms botaniques latins — Lawsonia Inermis (henné), Indigofera Tinctoria (indigo), Cassia — sans dérivé de synthèse. Lire l’étiquette reste le moyen le plus simple de savoir ce que l’on applique sur sa tête.

La coloration végétale : une alternative sans ces substances

La certification COSMOS Organic, expliquée ici, interdit la résorcine, le PPD, l’ammoniaque et le peroxyde d’hydrogène. Les colorations végétales Tresse Paris reposent uniquement sur des poudres de plantes tinctoriales : ingrédients végétaux issus à 95 % de l’agriculture biologique (certification COSMOS Organic), fabriqués en France, sans aucune molécule de synthèse. La marque, cofondée par Jung Ae Descamps et lauréate du Natexbio Challenge 2024, fabrique l’ensemble de ses colorations en France.

La différence tient à la façon dont la couleur se dépose. Une coloration d’oxydation ouvre la cuticule puis fabrique le pigment à l’intérieur de la fibre par une réaction chimique — d’où le recours à un agent alcalin et à un oxydant. Les plantes tinctoriales, elles, ne déclenchent aucune réaction de ce type : leurs pigments, comme la lawsone du henné ou l’indigotine de l’indigo, se fixent en gaine autour du cheveu sans le décaper.

Concrètement, la pâte se prépare à l’eau chaude — le thermomètre fourni vise 60 à 65 °C, la fenêtre où les pigments s’activent le mieux — à raison d’un volume de poudre pour trois volumes d’eau (par exemple 100 g de poudre pour 300 ml). Le temps de pose va de 30 à 60 minutes pour couvrir les cheveux blancs, jusqu’à 1 h–1 h30 pour un reflet cuivré. On rince ensuite à l’eau claire, sans shampoing, puis on attend 48 heures avant le premier lavage : c’est le temps que les pigments mettent à s’oxyder et à se fixer.

La méthode Tresse Paris se déroule en deux temps, avec deux sachets et un thermomètre. Le premier, la Base, se prépare un peu plus chaud — autour de 63 à 65 °C — pour préparer la fibre et favoriser la prise sur les cheveux blancs. Le second, la Couleur, se travaille vers 60 °C, une température plus douce qui protège les pigments foncés comme l’indigo ou le brou de noix. Entre les deux, il suffit de renouveler la chaleur toutes les 20 à 25 minutes, ou d’utiliser un casque chauffant réglé autour de 35 à 40 °C.

À retenir : le végétal dépose des pigments mais n’éclaircit jamais — seule une décoloration chimique éclaircit. Comme les cheveux poussent d’environ 1 cm par mois, une retouche des racines toutes les 4 à 6 semaines suffit à garder une couleur homogène.

Même naturelle, une coloration mérite un test de tolérance : appliquez un peu de pâte au creux du coude quelques jours avant la pose, surtout si votre peau est réactive. Le végétal respecte le pH physiologique du cuir chevelu, proche de 4,5 à 5,5, mais chaque peau réagit à sa manière. En cas d’allergie connue, de grossesse ou d’un traitement médical en cours, n’hésitez pas à demander conseil à un médecin ou à un pharmacien.

Faut-il renoncer à toute coloration ?

Pas nécessairement. Les cosmétiques vendus en Europe sont encadrés par le Règlement (CE) 1223/2009, qui fixe des seuils et écarte du marché les substances jugées trop préoccupantes. L’enjeu, pour qui souhaite limiter son exposition, tient surtout à des choix informés : espacer les applications, privilégier les formules les plus sobres, ou se tourner vers une alternative qui écarte d’emblée ces molécules. La coloration 100 % végétale répond à cette dernière logique, sans promettre les mêmes effets qu’une coloration chimique.

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Questions fréquentes

La coloration végétale contient-elle des perturbateurs endocriniens ?

Non. Une coloration 100 % végétale est composée uniquement de poudres de plantes, sans ammoniaque, sans PPD, sans résorcine ni oxydant de synthèse. Elle ne contient donc aucune des substances pointées dans les colorations d’oxydation.

La coloration végétale peut-elle éclaircir mes cheveux ?

Non. Les plantes tinctoriales déposent des pigments sur la fibre mais n’éclaircissent jamais : seule une décoloration chimique éclaircit. Sur cheveux blancs, elle apporte une couvrance qui va du blond au brun selon les plantes.

La coloration végétale abîme-t-elle les cheveux ?

Non. Les poudres de plantes déposent leurs pigments autour de la fibre sans l’ouvrir ni la décaper, contrairement aux colorations d’oxydation. Beaucoup d’utilisatrices constatent au contraire des cheveux plus gainés et plus brillants au fil des applications.

Le PPD est-il autorisé dans les colorations ?

Oui, mais encadré : dans l’Union européenne, sa concentration est plafonnée à 2 % dans les colorations d’oxydation (Règlement cosmétique CE 1223/2009). C’est un allergène référencé, inscrit à la batterie standard européenne de patch-tests. Une coloration 100 % végétale n’en contient pas.

Puis-je colorer mes cheveux pendant la grossesse ?

Beaucoup de femmes privilégient le végétal durant cette période, mais chaque situation est particulière. Demandez conseil à votre médecin ou à votre sage-femme avant toute application.