Plante cheveux : henné, indigo, cassia, les plantes de la coloration végétale

Quelles plantes colorent les cheveux ? Trois plantes tinctoriales forment la base de la coloration végétale : le henné (Lawsonia inermis), qui donne les rouges et les cuivres ; l'indigo (Indigofera tinctoria), responsable des bruns et des noirs ; et le cassia (famille des senna), une plante neutre à léger reflet doré. Autour d'elles, des plantes de soin comme l'amla, le shikakai ou le neem apportent brillance et gainage. Toutes se déposent à la surface du cheveu : elles colorent ton sur ton ou plus foncé, sans jamais éclaircir.

Derrière chaque nuance d'une coloration 100 % végétale se cache une plante. Teindre ses cheveux avec des plantes n'a rien d'une mode : c'est un savoir-faire vieux de plusieurs millénaires, redécouvert aujourd'hui parce qu'il colore sans ammoniaque, sans oxydant et sans PPD. Chez Tresse Paris, nous n'avons pas cherché à réinventer ces plantes pour cheveux : nous les avons sélectionnées bio, dosées et associées à une méthode fiable pour qu'elles donnent le meilleur d'elles-mêmes. Cette fiche botanique explique quelles plantes colorent la fibre, d'où elles viennent et comment les reconnaître sur une étiquette.

Les plantes pour cheveux : un principe simple, un geste ancien

Une plante tinctoriale contient des pigments naturels qui, une fois la poudre réhydratée à chaud, viennent se déposer et s'ancrer autour de la fibre capillaire. Contrairement à une coloration chimique qui ouvre les écailles pour injecter un colorant de synthèse à l'intérieur du cheveu, la plante travaille à la surface : elle gaine, enrobe et colore la kératine sans la décaper. C'est ce qui explique à la fois la douceur du geste et sa principale limite : une plante n'éclaircit jamais, elle colore ton sur ton ou plus foncé.

Historiquement, ces plantes ont été employées de l'Égypte ancienne à l'Inde ayurvédique, du Maghreb au Moyen-Orient. Le henné servait déjà à teindre les cheveux et à orner la peau il y a plus de 3 000 ans ; l'indigo colorait aussi bien les textiles que les chevelures. Ce sont ces mêmes plantes, cultivées et séchées, que l'on retrouve aujourd'hui réduites en poudre dans une coloration naturelle.

Le henné : la plante rouge par excellence

Le henné est la plante emblématique de la coloration végétale. Son nom botanique est Lawsonia inermis, un arbuste des régions chaudes et sèches. Il pousse principalement au Rajasthan (Inde), qui reste la meilleure origine pour la coloration, mais aussi en Égypte, au Maroc, au Pakistan, en Iran et au Soudan. Ce sont les feuilles qui sont récoltées, séchées puis finement moulues : c'est cette poudre verte, sans odeur chimique, que l'on mélange à de l'eau chaude.

La molécule active du henné s'appelle la lawsone (2-hydroxy-1,4-naphtoquinone). C'est elle qui se fixe sur la kératine et développe, selon la base de départ, des reflets allant du cuivré lumineux au rouge profond, jusqu'à l'auburn. Sur l'étiquette, le henné se lit Lawsonia inermis en nomenclature INCI. Un repère utile sur sa qualité : un henné pur ne colore que dans les tons chauds. S'il promet un « henné noir » ou un « henné blond » à lui seul, c'est qu'il a été mélangé à d'autres plantes ou, dans les produits bas de gamme, à des additifs à éviter. Pour comprendre en détail son fonctionnement, voir notre article henné et cheveux blancs.

L'indigo : la plante des bruns et des noirs

Là où le henné apporte le rouge, l'indigo apporte le froid et la profondeur. Cette plante, Indigofera tinctoria, est un arbuste légumineuse cultivé en Inde et dans plusieurs régions tropicales. Ses feuilles renferment un précurseur qui, une fois oxydé, libère l'indigotine, le même pigment bleu qui teinte les jeans. Appliqué seul, l'indigo tire vers le bleu ; c'est en le superposant au henné qu'on obtient les châtains, les bruns et les noirs.

C'est pourquoi une couleur foncée végétale n'est jamais l'œuvre d'une seule plante : le rouge du henné et le bleu de l'indigo se combinent, un peu comme deux couches de pigment, pour construire un brun riche et nuancé. Sur l'étiquette, l'indigo se lit Indigofera tinctoria. Pour aller plus loin sur les nuances sombres, consultez notre guide indigo, cheveux bruns et noirs profonds.

Le cassia et le senna : la plante neutre à reflet doré

Le cassia est la troisième grande plante de la palette végétale, souvent appelée « henné neutre » alors qu'elle n'a botaniquement rien à voir avec le henné. Il s'agit d'une plante de la famille des senna (anciennement classée dans le genre Cassia). Deux espèces proches reviennent régulièrement dans le vocabulaire de la coloration végétale : Cassia obovata (aussi nommée Cassia italica ou Senna italica), qui dépose un léger reflet doré, et Cassia auriculata, une espèce voisine parfois commercialisée elle aussi sous l'appellation « henné neutre ».

Ce que ces plantes ont en commun : elles apportent peu ou pas de couleur, mais beaucoup de soin. On les utilise pour gainer la fibre, faire briller, ou raviver un blond sans le foncer. C'est aussi la plante idéale pour se familiariser avec la coloration végétale sans changer radicalement de teinte. Nous détaillons ses usages dans le henné neutre : à quoi ça sert ?. À noter : comme « henné neutre » recouvre plusieurs espèces de senna/cassia, mieux vaut se fier au nom botanique inscrit dans l'INCI qu'au nom commercial.

Les plantes de soin qui accompagnent la couleur

Une coloration végétale réussie ne se limite pas aux trois plantes tinctoriales. Autour d'elles gravitent des plantes de soin, issues pour la plupart de la tradition ayurvédique, qui n'ajoutent pas ou peu de pigment mais soignent le cheveu pendant la pose :

  • Amla (Emblica officinalis) : fruit riche en tanins, il aide à fixer les reflets froids et renforce la fibre. Voir amla et shikakai : le soin végétal.
  • Shikakai (Acacia concinna) : gousse lavante et démêlante, elle laisse le cheveu souple.
  • Neem (Azadirachta indica) : plante assainissante, appréciée des cuirs chevelus sensibles.
  • Brahmi, bhringraj, fenugrec : plantes fortifiantes qui apportent densité et brillance.

C'est l'association dosée de ces plantes — tinctoriales et de soin — qui fait la différence entre une simple poudre colorante et une véritable coloration-soin.

Comment lire les plantes sur une étiquette INCI

Savoir reconnaître ses plantes sur une étiquette est la meilleure protection contre les fausses « colorations végétales ». La règle : dans une vraie coloration végétale, la liste INCI ne contient que des noms latins de plantes, dans l'ordre décroissant de concentration. Vous devez y retrouver :

  • Lawsonia inermis = le henné ;
  • Indigofera tinctoria = l'indigo ;
  • Cassia obovata / Cassia italica / Senna italica ou Cassia auriculata = le cassia neutre ;
  • puis les plantes de soin (Emblica officinalis, Acacia concinna…).

À l'inverse, un signal d'alerte : si vous lisez des termes comme p-Phenylenediamine (PPD), Picramic acid, un colorant codé « CI » ou de l'ammoniaque au milieu de noms de plantes, il ne s'agit pas d'une coloration 100 % végétale. Un produit authentiquement végétal n'a besoin d'aucune de ces molécules pour colorer : la plante suffit. Le PPD, en particulier, est encadré : sa concentration est plafonnée à 2 % dans les colorations d'oxydation au sein de l'Union européenne (Règlement cosmétique CE 1223/2009), et il figure parmi les allergènes de référence utilisés pour les tests épicutanés. Si vous avez déjà réagi à une coloration ou si votre cuir chevelu est réactif, l'avis d'un dermatologue reste la meilleure marche à suivre avant toute application.

Bien choisir ses plantes ne suffit pas : la méthode fait la couleur

Choisir les bonnes plantes est une chose ; les faire exprimer leur couleur en est une autre. Deux paramètres transforment une bonne poudre en résultat fiable : la température de préparation et la superposition des plantes.

Les pigments végétaux ont besoin de chaleur pour se libérer. En dessous de 55 °C, ils s'activent mal et la pâte reste grumeleuse ; au-delà de 75 °C, on dénature certaines molécules du henné. La zone de confort se situe entre 60 et 65 °C, une eau chaude mais jamais bouillante. En pratique, on prépare la base un peu plus chaude (autour de 63-65 °C) pour bien ouvrir la fibre, puis la couleur autour de 60 °C pour préserver les pigments foncés comme l'indigo. C'est pour cela qu'un thermomètre est fourni dans chaque coffret : deux ou trois degrés en trop ou en moins suffisent à faire la différence entre une couleur profonde et un reflet décevant. Côté dosage, la règle du 1 pour 3 sert de repère : un volume de poudre pour trois volumes d'eau chaude, soit environ 100 g de poudre pour 300 ml d'eau.

Second paramètre : la superposition. Sur les cheveux qui accrochent mal la couleur — les cheveux blancs, dépourvus de mélanine —, une seule plante posée directement donne souvent un reflet instable. La méthode en deux temps répond à ce problème : on applique d'abord une base de plantes claires qui prépare et ancre la fibre, puis la couleur choisie, qui se fixe sur ce fond. Nos colorations dédiées sont livrées avec deux sachets — un par étape — et le thermomètre, pour couvrir jusqu'à 100 % des cheveux blancs à la maison. Comptez 30 à 60 minutes de pose pour une bonne couvrance, et plutôt 1 h à 1 h 30 pour un cuivré ou un acajou soutenu, cheveux gardés au chaud.

Après la pose, rincez abondamment à l'eau claire et tiède, sans shampoing, puis attendez 48 h avant le premier lavage : les pigments s'oxydent et se fixent pendant ce délai, et c'est seulement là que la couleur révèle sa teinte définitive. Ensuite, une retouche des racines toutes les 4 à 6 semaines suffit à suivre la pousse, d'environ 1 cm par mois. Ces plantes, nous les sélectionnons bio — ingrédients végétaux issus à 95 % de l'agriculture biologique (certification COSMOS Organic) — et les travaillons en France, sans ammoniaque, sans PPD, sans résorcine ni oxydant.

Questions fréquentes

Quelle plante utiliser pour colorer ses cheveux ?

Trois plantes tinctoriales forment la base : le henné (Lawsonia inermis) pour les rouges et cuivres, l'indigo (Indigofera tinctoria) pour les bruns et noirs, et le cassia (famille des senna) pour un reflet neutre à doré. On les associe selon la nuance voulue, avec des plantes de soin comme l'amla ou le shikakai qui apportent brillance et souplesse.

D'où vient le henné et quelle est sa meilleure origine ?

Le henné est la poudre de feuilles séchées de Lawsonia inermis, un arbuste des régions chaudes. On le cultive en Inde (le Rajasthan est réputé pour la coloration), en Égypte, au Maroc, au Pakistan et en Iran. Sa molécule active, la lawsone, développe des reflets chauds allant du cuivré au rouge auburn. Un henné pur ne colore que dans les tons chauds.

Cassia, senna, cassia auriculata : quelle différence ?

« Cassia » et « senna » désignent des plantes proches, souvent vendues sous le nom commercial de « henné neutre » — bien qu'elles n'aient rien à voir avec le henné. Cassia obovata (aussi appelée Cassia italica ou Senna italica) apporte un léger reflet doré et beaucoup de soin ; Cassia auriculata est une espèce voisine parfois utilisée de la même façon. Comme les noms commerciaux se recoupent, fiez-vous au nom botanique dans l'INCI.

Combien de temps faut-il poser une coloration végétale ?

Comptez 30 à 60 minutes pour une bonne couvrance des cheveux blancs, et plutôt 1 h à 1 h 30 pour un reflet cuivré ou acajou soutenu, la pâte préparée entre 60 et 65 °C et les cheveux gardés au chaud. Après le rinçage, attendez 48 h avant le premier lavage : c'est le temps que les pigments s'oxydent et fixent la teinte définitive.

→ Découvrir la coloration végétale à base de plantes : henné, indigo, cassia et la méthode 2 temps qui couvre 100 % des cheveux blancs.